Un salarié peut-il faire l'objet d'un licenciement motivé par les propos tenus par sa femme, salariée de la même entreprise ?
Dans cette affaire, un cadre informatique avait été licencié pour faute grave. Il lui avait été reproché de n'être pas intervenu lorsqu'une altercation s'était produite entre son épouse, salariée de la même entreprise et l'employeur. Son épouse avait tenu, d'après l'employeur, des propos injurieux et le mari n'était pas intervenu.
Un licenciement discriminatoire
Pour la Cour de cassation, ce licenciement est non seulement injustifié, mais tout simplement nul. Il y a en effet nullité du licenciement car il s'agit d'une violation des dispositions de l'article L.1132-1 du Code du travail relatif aux discriminations. En l'espèce il s'agit d'une discrimination liée à la situation de famille.
Cet article précise : aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement, aucun salarié ne pourra être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte (...) en raison de son origine, de son sexe, de ses moeurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa situation de famille (...).
Dans cette affaire, le salarié n'avait pas pris part à l'altercation. S'il l'avait fait, la situation aurait été différente. Mais la lettre de licenciement lui reprochait seulement d'avoir cautionné le comportement de son épouse n'intervenant pas. C'était donc uniquement le lien de famille qui motivait le licenciement...
On peut sans doute comprendre l'employeur, en imaginant la scène, mais ce licenciement n'avait effectivement aucun fondement juridique...
Source : Cassation sociale 30 juin 2010, n° 08-41.936. YN avocat Lyon septembre 2010.




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