blog de Yves Nicol - avocat Lyon
Contentieux prud'hommes - Droit social - Droit du travail

Vendredi 10 Septembre 2010
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Administration du personnel

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03 sept. 2010

Astreinte et rémunération

Une prériode d'astreinte doit-t-elle être rémunérée ?

L’astreinte est une période particulière qui ne peut se définir ni comme une période de travail ni comme un temps de repos. Selon le code du travail, c’est une période pendant laquelle le salarié sans être à la disposition permanente et immédiate de l’employeur à l’obligation de demeurer à son domicile ou joignable afin d’être en mesure d’intervenir pour accomplir un travail au service de l’entreprise. (Article L 3121-5 du code du travail)

Le temps de travail effectif : Le temps de travail effectif se définit, selon le code du travail, comme le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et doit se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. (Article L 3121-1 du code du travail)

Le paiement de l’astreinte :

Si le salarié est réellement intervenu dans l’entreprise ,il s'agit d'un temps de travail effectif qui doit être rémunéré comme tel. Même le temps nécessaire au déplacement du salarié doit être rémunéré selon la Cour de cassation. (Cass. Soc. 31 octobre 2007)

Si le salarié est resté à son domicile, il ne s'agit pas d'un temps de travail effectif. Le salarié perçoit seulement une compensation financière ou sous forme de repos. le montant de cette compensation n'es tpas défini par la loi. En pratique ce sont les conventions collectives, les accords d'entrerpises, les règles internes...etc qui s'en chargent.

Le salarié peut il refuser une astreinte ?

L'estreinte est normalement décidée par l’employeur (après information du Comité d’entreprise et de l’inspecteur du travail). Le salarié doit être prévenu au moins 15 jours à l’avance sauf en cas d’urgence où le délai d’un jour franc au minimum est suffisant. Si les conditions de mise en place de l’astreinte sont respectées, le salarié doit accepter. A défaut, il s’expose à d’éventuelles sanctions de la part de son employeur.

Source : YN Avocat Lyon septembre 2010

29 juin 2010

DIF et permis de conduire

Un salarié peut-il utiliser son DIF (droit Individuel à la Formation) pour passer son permis de conduire ?

Un salarié peut en effet avoir besoin de son permis de conduire dans le cadre de son activité professionnelle, par exemple s'il est commercial, ou bien dans le cadre d'une évolution professionnelle. Obtenir son permis de conduire a certes des avantages sur le plan personnel, mais ce peut être le cas aussi sur le plan professionnel.

L'article L.6323-9 du Code du travail précise que la mise en oeuvre du DIF relève de l'initiative du salarié, en accord avec son employeur. Le choix de l'action est alors arrêté par accord écrit entre employeur et salarié.

C'est donc à l'employeur de se déterminer pour ou contre cette demande. Il prendra en compte la réelle utilité d'utiliser don DIF pour asser le permis de conduire. Il prendra en ompte aussi éventuellement les priorité définies, au niveau de sa Branche professionnelle pour la mise en oeuvre du DIF. En effet, chaque Branche prévoit en général, par Accord collectif (annexé à la convention collective) les priorités des actions de formations dans le cadre du DIF.

Montant de la prise en charge

Tout salarié à temps plein et ayant au moins un an d'ancienneté acquiert 20 heures par an au titre du DIF. Le tout plafonné à 120 heures. Le principe du DIF est que la formation est réalisée en dehors du temps de travail. Le pris en charge de la formation est alors de 50% du taux horaire net du salarié.

Exemple. Un salarié est rémunéré 2000 euros bruts par mois. Son aux horaire net est de 10,55 euros environ. S'il dispose de 100 heures de DIF, alors la prise en charge sera de 1 055 euros. Il ne s'agit donc pas du tout d'une formation de 100 heures au choix et quel que soit le prix.

Utilisation du DIF pendant le préavis

En cas de licenciement non consécutif à une faute lourde, et si le salarié en fait la demande avant la fin du préavis, la somme correspondant au solde du nombre d’heures acquises au titre du DIF et non utilisées, multiplié par le montant forfaitaire visé au deuxième alinéa de l’article L. 6332-14 du Code du travail (soit, actuellement, 9,15 €), permet de financer tout ou partie d’une action de bilan de compétences, de validation des acquis de l’expérience ou de formation.

Dans le même exemple : 100 euros de DIF X 9,15 euros, cela donne 915 euros.

Cela ne suffira peut être pas pour passer le permis de conduire.

25 juin 2010

Gratifications à verser aux stagiaires

Quelle est le montant de la gratification à verser aux stagiaires en entreprise ? C'est le moment de se poser la question, en cette période estivale, en général riche en stagiaires.

En premier lieu, il faut savoir que si la durée du stage ne dépasse pas deux mois, l'entreprise n'a pas d'obligation de verser une gratification de stage. (Loi du 24 novembre 2009). le versement de la gratification est donc lié à la décision interne de l'entreprise.

Au delà de deux mois, une gratification minimale est obligatoirement versée. Le montant est fixé par secteurd'activité, par convention de branche professionnelle. Si aucun Texte particulier n'existe dans la Branche, alors le montant doit être égale au minimum à 12,5 % du plafond de la sécurité Sociale.

Soit un montant de 417,09 euros mensuels pour un temps plein.

Quelles cotisations sociales ?

La gratification n'est pas soumise à cotisations de Sécurité Sociale (ni CSG/CRDS, Fnal, cotisation transport) pour la partie qui n'excède pas la somme ci-dessus correspondant à un temps plein.

Mais attention, l'exonération est conditionnée par l'existence d'une convention de stage régularisée. A défaut, l'intégralité de la gratification est soumise à cotisations sociales.

15 juin 2010

L'employeur peut-il modifier les dates de congés ?

L'employeur peut tout à fait modifier les dates de congés payés, sans avoir à le justifier, mais à condition de s'y prendre au minimum un mois à l'avance (un mois avant la date de départ prévue). C'est ce que prévoit le Code du travail, article L.3141-16.

C'est en effet l'employeur qui, dans le cadre de son pouvoir de direction, qui fixe les dates de congés payés. Le Code du travail prévoit que l'employeur communique à chaque salarié l'ordre des départs au moins un mois avant la date de départ.(article D.3141-6).

Les circonstances exceptionnelles

Il existe un cas particulier de modification possible des dates de congés dans le mois qui précède la date de départ : en cas de circonstances exceptionnelles, l'employeur peut en effet modifier la date des congés.

Cette notion de circonstances exceptionnelles n'est pas définie par le Code du travail. Les tribunaux ont défini un principe qui permet d'y voir plus clair : une tâche ou activité qui constitue l'activité courante de l'entreprise, même si elle est urgente, ne constitue pas une circonstance exceptionnelle.

Par conséquent, pour modifier une date de congés dans le mois qui précède le départ, l'employeur devra véritablement justifier d'une impossibilité absolue de faire autrement, dans une circonstance qui doit impérativement être spécifique, accidentelle...etc.

20 avr. 2010

Congé de solidarité familiale

Des questions sont régulièrement posées concernant ce congé très spécifique : le congé de solidarité familiale. De quoi s'agit-il et qui peut en bénéficier ?

Le Code du travail le définit de la façon suivante : "un salarié dont un ascendant, un descendant ou une personne partageant son domicile souffre d'une pathologie mettant en jeu le pronostic vital a le droit de bénéficier d'un congé de solidarité familiale.. Il peut, avec l'accord de l'employeur, transformer ce congé en période d'activité à temps partiel."

Durée du congé

Le congé de solidarité familiale a une durée maximale de 3 mois, renouvelable une fois.

Comment procéder ?

Le salarié doit adresser à son employeur au moins 15 jours à l'avance une lettre recommandée l'informant de sa décision de prendre de ce congé, en fournissant un certificat médical attestant de la situation médicale de la personne à assister. Toutefois, en cas d'urgence absolue, constatée par écrit par le médecin traitant, le congé peut débuter sans délai.

Si les conditions sont remplies, l'employeur ne peut pas refuser.

A noter que le renouvellement du congé doit se faire selon la même procédure que la demande initiale : courrier RAR au minimum 15 jours à l'avance.

La demande de temps partiel

Dans le cadre du congé de solidarité familiale, il est possible de demander, non pas un congé total, mais un temps partiel. Mais attention, dans ce cas, l'accord de l'employeur est nécessaire.

Au retour du congé

le salarié réintègre son emploi ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente.

Source : Code du travail, articles L.3142-16 à L. 3142-21; Articles D.3142-6 à D.3142-8. YN avocat Lyon avril 2010

04 fév. 2010

Offres d'emplois : point sur quelques interdictions

Le contenu des offres d'emploi est encadré par la loi, mais on a rarement conscience des interdictions existantes. Voici quelques précisions.

Je suis parfois surpris de voir tant d' offres d'emplois rédigées en anglais alors que la langue française s'impose à tous ceux qui publient des offres d'emploi en France (Code du travail, article L.5332-1). Toutefois, il est vrai que depuis peu de temps, cette interdiction n'est plus sanctionnée pénalement, alors que c'était le cas auparavant. Du coup, c'est une interdiction sans sanction...Rien de choquant d'ailleurs, puisqu 'il est clair que l'anglais n'est plus une langue étrangère.

L'offre ne doit être ni trompeuse ni inexacte : le contenu de l'offre, le caractère effectivement disponible du ou des postes doivent être avérés. Les offres de poste "bidon" sont donc interdites. (Code du travail, article L.5331-3;L.5334-1). Mais dans ce cas, l'infraction est bien punie d'un an d'emprisonnement et d'une amende de 37 500 euros...

Les mentions relatives à l'âge :

La mention d'une limite d'âge maximale est interdite. (Code du travail, article L.5331-2). Mais là encore, cette interdiction n'est plus sanctionnée pénalement.

A signaler que les mentions "junior" ou "sénior" dans les offre d'emploi, ne désignent pas l'âge du candidat mais renvoient seulement au niveau d'expérience. En tout cas, c'est l'avis de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discrimination et pour l'Egalité ).

Les mentions sexistes :

Les discriminations fondées sur le sexe sont interdites. Ainsi, l'offre d'emploi ne peut mentionner le sexe, sauf cas particuliers (artistes, manequins...etc). Lorsqu'il existe une dénomination pour chaque sexe, il faut mentionner les deux genres: Ex : Employé (e). Lorsqu'il n'existe qu'une seule dénomination, comme "cadre" ou "Ingénieur", alors il faut mentionner cadre H/F ou Ingénieur H/F.

Signalons que l'infraction est punie d'un emprisonnement d'un an et/ou d'une amende de 3 750 euros. De plus, est considéré comme auteur de l'infraction toute personne intervenue dans la rédaction ou la diffusion de l'annonce.

La situation familiale du candidat :

Une mention relative à l'embauche d'un célibataire exclusivement, ou d'une personne mariée exclusivement serait interdite ; d'une manière générales toutes les mentions discriminatoires, notamment celles liées à l'orientation sexuelle ou aux moeurs sont prohibées et sont lourdement sanctionnées par l'article 225-1 et 225-2 du Code pénal : 3 ans d'emprisonnement et/ou amende de 45 000 euros. Ce texte ne vise que le responsable de l'annonce : son inspirateur.

YN Avocat Lyon février 2010

28 janv. 2010

Indemnité de licenciement et CSG CRDS

Une indemnité de licenciement est-elle soumise à la CSG CRDS ? ce point n'est pas anodin car ce prélèvement est de 8 % .

Il faut faire une différence entre l'indemnité de licenciement stricto sensu, c'est à dire celle qui est versée lors du solde de tout compte, et celle qui est éventuellement versée dans un second temps, dans le cadre d'un départ négocié (transaction).

Donc dans un premier temps, c'est l'indemnité légale de licienciement (1/5 de mois par année d'ancienneté) ou l'indemnité conventionnelle (celle prévue par la convention collective) si elle est plus favorable. Cette indemnité n'est pas soumise à la CSG CRDS. est elle donc nette de toute charge.

Dans un second temps, si une transaction est signée, après négociation, il ya alors versement d'une indemnité supplémentaire, dite indemnité transactionnelle. Cette indemnité est soumise à CSG CRDS. C'est à dire que le prélèvement est de 8% (sur 97 % de l'assiette).

Exemple : indemnité transactionnelle négociée : 20 000 euros.

CSG RDS = (20 000 X 97 %) X 8% = 1552

Le montant net perçu sera donc de 20 000 - 1552 = 18448 euros.

D'ou l'intérêt pour le salarié de négocier un montant net de CSG RDS.

Source : Code général des Impôts art 80 duodecies sur renvoi de l'article L.242-1 al 12 du Code de la Sécurité Sociale. YN Avocat Lyon janvier 2010.

21 janv. 2010

DIF : mention du solde d'heures sur le certificat de travail

Une nouvelle disposition réglementaire portant sur le DIF (droit Individuel à la Formation) est applicable depuis un décret publié le 18 janvier 2009.

Il s'agit d'assurer la meilleure information possible du salarié concernant la portabilité de ses droit à DIF

Lorsque le salarié quitte l'entreprise (démission, licenciement sauf faute grave), le certificat de travail devra mentionner le solde d'heures acquises au titre du DIF et non utilisées.

En outre, le certificat de travail devra mentionner la valorisation en euros de ce droit, c'est à dire la somme correspondant à ce solde d'heures.(nombre d'heures X 9,15 euros).

Dans le cadre du mécanisme de portabilité du DIF, c'est l'organisme collecteur (OPCA) de l'entreprise qui finance les actions de formation. Le certificat de travail devra donc mentionner clairement l'identité de l'OPCA.

On peut donc supposer que la question du DIF et de sa portabilité va devenir un sujet un peu plus clair.

Source : décret n° 2010-60 à 2010-65 du 18 janvier 2010. YN Avocat Lyon janvier 2010.

21 déc. 2009

DIF : nouvelles règles de portabilité

La nouvelle loi relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie vient de mofier les règles antérieures en matière de portabilité du DIF.

Désormais le salarié peut bénéficier de son DIF non seulement pendant le préavis, mais aussi pendant une période de chômage ou chez un nouvel employeur. A noter cependant que chez le nouvel employeur, le compteur des droits à DIF repart tout de même à zéro.

Quand présenter sa demande de DIF ?

La demande doit être présentée avant la fin du préavis. L'action de formation est en principe suivie pendant le préavis. mais elle peut se prolonger au delà.

Si la demande est présentée après la fin du préavis ?

C'est la nouveauté de la loi. le salarié qui formule sa demande après la fin du préavis ne perd plus ses droits. ll peut demander à les utiliser plus tard, qu'il soit au chômage ou qu'il ait retrouvé un nouvel emploi.

Ceci est valable pour tous les licenciements sauf faute lourde.

Le bénéfice du DIF existe dorénavant aussi pour les cas de ruptures conventionnelles.

Si le nouvel employeur n'est pas d'accord ?

Le salarié peut alors seulement suivre une action de formation entrant dans les priorités définies par l'accord de branche. L'action se déroule en dehors du temps de travail. Le financement est assuré par l'organisme collecteur de la formation (OPCA) : solde du nombre d'heures X 9,15 euros.

Source : Code du travail , article L. 6323-17. YN Avocat Lyon décembre 2009.

15 déc. 2009

Prime à l'embauche de stagiaire

Ce dispositif est mal connu, mais il existe depuis le 15 juin 2009 : l'embauche en CDI d'un jeune stagiaire permet à l'entreprise de bénéficier d'une prime à l'embauche de 3 000 euros.

J'avais déjà eu l'occasion d'en parler à l'époque. Ce dispositif temporaire est prolongé jusqu'au 30 juin 2010.

Le principe est le suivant : pour que l'employeur bénéficie de cette prime à l'embauche, il doit embaucher un jeune de moins de 26 ans (âge apprécié à la date de conclusion du contrat de travail) qui a effectué un stage conventionné dans l'entreprise. Ce stage doit avoir duré au moins 8 semaines et avoir débuté entre le 1er mai 2008 et le 30 septembre 2009.

Source : décret n° 2009-1457 du 27 novembre 2009, JO 28 novembre. YN avocat Lyon décembre 2009.